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08/03/2012

Asclépius – traité

Hermès Trismégiste à Asclépius

 

….L’Egypte, notre patrie, n’est-elle pas le temple de l’univers ? Mais l’avenir est sombre pour cette terre d’élection, et pour la religion dont elle est le vivant foyer.

 

« Comme il appartient au sage de tout prévoir, voici ce qu’il ne vous est pas permis d’ignorer. Un temps viendra où il apparaîtra que c’est en vain que les Egyptiens ont trouvé la divinité avec une âme pieuse et un culte fidèle ; tout leur culte des choses saintes, frustré de son objet, sera réduit à néant. La divinité remontera de la terre au ciel, elle abandonnera l’Egypte ; et cette contrée, naguère la patrie des cérémonies sacrées, sera privée de la présence des dieux et abandonnée par eux ! Des étrangers rempliront ce pays, et non seulement la religion se verra abandonnée, mais ce qui est plus dur encore, une prohibition légale interdira sous des peines déterminées la religion, la piété, le culte divin. Alors, cette terre si sainte, demeure des sanctuaires et des temples, sera toute pleine de sépulcres et de morts (memoriae des martyrs). O Egypte, Egypte ! de tes cérémonies il ne subsistera plus que l’histoire à laquelle la postérité ne croira pas, et les paroles gravées dans la pierre qui racontent tes pieuses actions : ….., toute la barbarie voisine s’installera chez toi !….Pourquoi pleurer Asclépius ? Chose plus pénible, plus lamentable encore, l’Egypte même se laissera persuader ; des maux pires l’intoxiqueront. Elle, la terre très sainte, amante de la Divinité,….maîtresse de sainteté et de piété, elle donnera l’exemple des pires cruautés. Les hommes inspireront une telle répugnance que l’univers cessera d’être admiré, adoré…Les ténèbres seront préférées à la lumière, on trouvera la mort plus utile que la vie. Personne ne lèvera plus les yeux vers le ciel ; l’homme religieux sera considéré comme un fou, l’irréligieux passera pour un sage, le furieux pour un énergique, le scélérat pour un homme de bien… Oui, croyez-m’en : il y aura péril capital pour celui qui se consacrera au culte de l’âme. Un nouveau droit se constituera, une loi nouvelle ; il ne sera plus question de rien de saint, de rien de religieux qui soit digne du ciel et de ses célestes habitants ; on ne croira plus à tout cela. Il y aura un douloureux divorce entre les dieux et les hommes. Seuls les anges nuisibles resteront, mêlés à l’humanité : ils induiront les malheureux à tous les méfaits de l’audace, aux guerres, aux rapines, aux fraudes, à tout ce qui est contraire à la vraie nature des âmes…

 

Hermès Trismégiste parachève cette lugubre et menaçante cantilène par l’annonce de grands bouleversements dans la nature. Haec et talis senectus veniet mundi. Une fois morts les cultes païens, l’univers n’a plus qu’à périr ou du moins qu’à se renouveler, et le deus primipotens saura faire son choix entre les moyens propres à en extirper les éléments mauvais pour lui restituer sa face ancienne, ad antiquam faciem mundum revocabit.

 

Ces plaintes se lient et s’apparentent à celles que Julien l’Apostat a si souvent formulées. Pour le traducteur de l’Asclépius grec, comme pour l’Empereur Julien lui-même, christiannisme signifie barbarie, haine de la lumière, haine de la vie. Il remplit de tombeaux un sol qui se paraît naguère de la beauté de ses temples. Il renverse audacieusement toutes les traditions consacrées par le temps. Et il emprunte la force de la loi pour contraindre les âmes vraiment religieuse.

 

Le texte grec est antérieur aux premières années du IVe siècle.

Extrait de l’ouvrage de Pierre De Labriolle – La réaction païenne -

09:19 Publié dans religion | Lien permanent | Commentaires (0)

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