10.08.2009
Avoir des enfants
Avoir des enfants est la plus grande échelle de valeurs à laquelle hommes et femmes ont à se mesurer. C’est l’examen sans prétentions par excellence, sans conquêtes visées, sans récoltes convoitées, et dont le fruit mûrit à la discrétion des dieux qui aiment les audacieux. L’amour fusionne avec l’angoisse de l’amour et vous invite à savourer chaque instant gagné. Il est si total, si entier, que les sentiments peinent à s’exprimer. Rien au monde n’est en mesure d’empêcher l’espace émotionnel qui se libère en vous. Rien au monde ne saurait en réduire la portée. Ce que vous aurez établi de plus sûr ne résiste pas aux expériences sans cesse renouvellées dont vous êtes l’élève appliqué. Le petit de votre âme devient grand, ivre de cette eau baptismale qui n’étanche pas votre soif, toujours renaissant, soucieux d’apprendre et d’échanger ce destin malin qui vous retient à la vie. Et ce qui grandit en vous ne peut s’appesantir à la splendeur sensible des plus belles envolées littéraires, incapables de pénétrer l’espace sacré où souffle le vent de l’Ouvert. Tout vous porte alors vers ce lieu purificateur où l’amour a prit racine pour donner à votre arbre de vie sa ramure généreuse habillée de ses mille feux. C’est le temps où l’amour se donne sans réserves, où l’existence n’a de sens que dans le don sans mesures. C’est le temps où l’homme est bouleversé par le flot continu de ses émotions souveraines, pour le plus grand bonheur des dieux reconnaissants qui ne donnent qu’aux vainqueurs sans titres.
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29.02.2008
HOMMAGE A LECONTE DE LISLE


TRADUCTIONS :
HESIODE - LE BOUCLIER D'HERAKLES -
HELENE (poèmes antiques)
LES ERINNYES - KLYTAIMNESTRA - (poèmes tragiques)
LES ERINNYES - ORESTES - (poèmes tragiques)
L'APOLLONIDE (derniers poèmes)
AUTRES POEMES (dont poèmes barbares)
POEMES (chez cyberpoète)
Egalement, Le songe d'Hermann, La mélodie incarnée, Le prince Ménalcas, Dianora, Marcie, La rivière des songes, La princesse Yaso'da, Phalya-Mani, etc ...
Vénus de Milo
Marbre sacré, vêtu de force et de génie,
Déesse irrésistible au port victorieux,
Pure comme un éclair et comme une harmonie,
O Vénus, ô beauté, blanche mère des Dieux !
Tu n'es pas Aphrodite, au bercement de l'onde,
Sur ta conque d'azur posant un pied neigeux,
Tandis qu'autour de toi, vision rose et blonde,
Volent les Rires d'or avec l'essaim des Jeux.
Tu n'es pas Kythérée, en ta pose assouplie,
Parfumant de baisers l'Adonis bienheureux,
Et n'ayant pour témoins sur le rameau qui plie
Que colombes d'albâtre et ramiers amoureux.
Et tu n'es pas la Muse aux lèvres éloquentes,
La pudique Vénus, ni la molle Astarté
Qui, le front couronné de roses et d'acanthes,
Sur un lit de lotos se meurt de volupté.
Non ! les Rires, les Jeux, les Grâces enlacées,
Rougissantes d'amour, ne t'accompagnent pas.
Ton cortège est formé d'étoiles cadencées,
Et les globes en choeur s'enchaînent sur tes pas.
Du bonheur impassible ô symbole adorable,
Calme comme la Mer en sa sérénité,
Nul sanglot n'a brisé ton sein inaltérable,
Jamais les pleurs humains n'ont terni ta beauté.
Salut ! A ton aspect le coeur se précipite.
Un flot marmoréen inonde tes pieds blancs ;
Tu marches, fière et nue, et le monde palpite,
Et le monde est à toi, Déesse aux larges flancs !
Iles, séjour des Dieux ! Hellas, mère sacrée !
Oh ! que ne suis-je né dans le saint Archipel,
Aux siècles glorieux où la Terre inspirée
Voyait le Ciel descendre à son premier appel !
Si mon berceau, flottant sur la Thétis antique,
Ne fut point caressé de son tiède cristal ;
Si je n'ai point prié sous le fronton attique,
Beauté victorieuse, à ton autel natal ;
Allume dans mon sein la sublime étincelle,
N'enferme point ma gloire au tombeau soucieux ;
Et fais que ma pensée en rythmes d'or ruisselle,
Comme un divin métal au moule harmonieux.
Leconte de LISLE
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REVERIES D'UN PAIEN MYSTIQUE

Louis Ménard - Rêveries d’un païen mystique :
Lettre d'un mythologue à un naturaliste
Commentaire d'un républicain sur l'oraison dominicale
Alliance de la religion et de la philosophie
Par-dessus tous les dieux du ciel et de la terre
J'adore ton pouvoir immuable indompté,
Déesse des vieux jours, morne fatalité.
Ce pouvoir implacable, aveugle et solitaire
Ecrase mon orgueil et ma force, et je vois
Que l'on décline en vain tes inflexibles lois.
Les peuples adoraient le joug qui les enchaîne,
Rome dormait en paix sur son char triomphal,
Des oracles veillaient sur son sommeil royal.
Maintenant, du destin la force souveraine
Brise le sceptre d'or de Rome dans mes mains,
Et Sapor va venger les Francs et les Germains.
J'ai relevé l'autel des dieux de la patrie,
Et j'aperçois déjà le temps qui foule aux pieds
Les vieux temples déserts de mes dieux oubliés.
Au culte du passé j'ai dévoué ma vie.
Bientôt sous sa ruine il va m'ensevelir.
Le passé meurt en moi, victoire à l'avenir !
LE GÉNIE DE L'EMPIRE.
Ne crains pas l'avenir, toi dont les mains sont pures,
O dernier défenseur d'un culte déserté,
Qui voulus porter seul toutes les flétrissures
Du vieux monde romain, et couvrir ses souillures
Du manteau de ta gloire et de ta pureté.
En vain tes ennemis ont voué ta mémoire
A l'exécration des siècles à venir ;
Le glaive est dans tes mains : l'incorruptible histoire
Dira ce qu'il fallut à l'amant de la gloire
De force et de vertu pour ne s'en pas servir.
La fortune rendra blessure pour blessure
A ces peuples nouveaux, aujourd'hui ses élus,
Quand leurs crimes aussi combleront la mesure.
Mais mille ans passeront sans laver son injure,
Car Némésis est lente à venger les vaincus.
O César, tu mourras sous une arme romaine.
La tardive justice un jour effacera
Ce surnom d'apostat que te donne la haine ;
Mais le monde ébranlé dans sa chute t'entraîne,
Et ton culte proscrit avec toi périra.
Et moi, je te suivrai, car je suis le génie
De Rome et de l'empire ; unissant leurs efforts,
Tes ennemis, les miens, las de mon agonie,
Veulent voir le dernier soleil de la patrie.
Cédons-leur, le destin le veut, nos dieux sont morts.
Louis Ménard
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