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24/03/2012

Cadre unificateur de la civilisation européenne

Article "euro-synergies.hautetfort.com" :

Extraits rassemblés d'une conférence prononcée au Palais des congrés d'Aix-en-Provence le 12 janvier 1997, à l'invitation de l'association Yggdrasil : 

Le premier cadre unificateur solide qu'a connu la civilisation européenne reste l'empire romain....De la chute de Rome à l'émergence des Etats nationaux à partir de la Renaissance, l'écoumène européen est un mixte complexe de romanité, de germanité et de christianisme, avec des apports importants, négligés jusqu'ici par l'historiographie ouest-européenne, mais étudiés en profondeur en Europe slave: ces apports sont la religiosité celtique déformée par les moines missionnaires irlandais et les “mystères pontiques”, nés sur le pourtour de la Mer Noire, liés à l'antique Iran avestique. C'est ce leg scythe-sarmate-iranien qui aurait transmis l'idéal (ou certains idéaux) de la chevalerie médiévale. Mais quand cesse de fonctionner plus ou moins harmonieusement cette synthèse qui a dominé vaille que vaille des Mérovingiens à Louis XI, à Charles le Hardi (dit le “Téméraire” en France) et à Maximilien de Habsbourg, quelques représentants de la pensée européenne entendent opérer un retour aux origines les plus vierges de l'européité....

Enea Silvio (Æneas Silvius) Piccolomini, spécialiste des Goths et d'abord chancelier de l'Empereur germanique Frédéric III, deviendra Pape sous le nom de Pie II (de 1458 à 1464)….Il rejette explicitement le primitivisme et demande aux humanistes et érudits de ne pas interpréter la Germania  de Tacite dans un sens pastoraliste et primitiviste... L'œuvre de Piccolomini est intéressante à plus d'un titre, car : elle autorise la référence constante aux racines les plus anciennes de l'Europe ; elle fait de la liberté civique/populaire la vertu cardinale du politique; elle réinscrit ce double recours aux racines et à la liberté populaire dans un cadre géopolitique européen, dont les fondements n'apparaissent plus comme exclusivement chrétiens, mais comme consubstantiels à la population majoritaire du centre de l'Europe. Les peuples germaniques n'apparaissent plus systématiquement comme des barbares cupides et violents qui avaient pillé Rome en 410…. Théodoric apparaît alors comme un Roi cultivé et efficace, qui consolide son pouvoir, administre ses Etats et restaure en Italie une Rome dans ses principes premiers, c'est-à-dire dans des principes antérieurs à la décadence, qu'il est capable d'imposer parce que, roi germanique, il a conservé les vieilles vertus romaines qui sont les vertus germaniques de son temps. L'œuvre des premiers humanistes de la Renaissance italienne nous montre que le recours à une antiquité pré-chrétienne et païenne, en l'occurrence la Germanie non romanisée,  est une revendication républicaine, hostile à l'absolutisme et aux démarches de type théocratique...En 1470, la Germania de Tacite,  devient  l'ouvrage de référence de tous ceux qui revendiquent une idéologie à la fois républicaine (au sens vieux-romain du terme) et communautaire, donnant à la représentation populaire une place cardinale dans la vie politique, les assemblées d'hommes libres se plaçant au-dessus des monarques...L'humaniste Flavio Biondo, entre 1438 et 1453, ....analyse les causes de la décadence de Rome : elles se ra­mènent pour l'essentiel à l'amenuisement des vertus républicaines, à l'abandon de la souveraineté populaire au profit d'un monarque isolé. Flavio Biondo anticipe ainsi Machiavel, fondateur d'une idéologie républicaine, fondée sur la virtù  politique, héritée de la Rome la plus ancienne....Ne peuvent être considérés comme républicains au plein sens du terme que ceux qui n'ont de cesse de retourner aux principes premiers de l'histoire politique de leur peuple. Les autres traves­tissent en républicanisme leur autoritarisme ou leur théocratisme. Les Cénacles français contemporains, qui se disent “républicains », ignorent et rejettent le travail positif des humanistes et des érudits italiens du début de la Renaissance en décrivant ces recours comme des avatars plus ou moins maladroits du nazisme.

De l'humanisme italien au paganisme-germanique.html

Neo-paganisme-Askésis.html

17/05/2011

A votre bon souvenir, la tolérance n'est pas chrétienne!!

Parole d'Apollon: pratique et tradition oraculaire dans l'Antiquité... Par Aude Busine:

Le recours aux oracles d’Apollon dans la « Philosophie des oracles » et dans la « Vie de Plotin » montre que Porphyre entreprit de faire des paroles du dieu une source d’enseignement philosophique dans un monde où l’autorité épistémologique et théologique se marque chaque jour davantage par le recours à un Livre. Dans ce contexte, l’auteur accorda aux textes divins très probablement un statut comparable à celui assigné aux logia bibliques par les chrétiens et les envisagea progressivement comme les fondements du savoir.

Ce livre a tenté d’interpréter les extraits oraculaires de la « Philosophie tirée des oracles », seuls reliquats de ce que les détracteurs de Porphyre ont bien voulu nous transmettre, à la lumière de la portée générale de l’ouvrage. Il s’est révélé que, loin d’être univoque, la lecture des oracles d’Apollon de l’auteur était, pour chaque extrait, déployée à plusieurs niveaux, dans lesquels Porphyre prend la parole tantôt en philosophe, tantôt en polémiste et critique de religion, sans qu’un aspect puisse être nettement isolé d’un autre. Ainsi, la réappropriation des oracles apolliniens dans la « Philosophie tirée des oracles s’opérait sur plusieurs strates interprétatives qui donnaient chacune aux oracles un statut différent.

Cet aperçu de la pratique exégétique de Porphyre est dépendant de la façon dont Eusèbe jugea bon de reproduire les fragments de l’ouvrage mençant pour la religion chrétienne. Gardons à l’esprit que c’est paradoxalement à partir de l’un de ses plus grands détracteurs, Eusèbe, que nous pouvons entrapercevoir quels oracles apolliniens ont été utilisés par Porphyre, dont l’œuvre entière était destinée à disparaître, et dans quelles circonstances furent commentés ces textes divins. Mais, faut-il le rappeler, la grande majorité des oracles apolliniens de Porphyre n’est connue que par le prisme de la critique eusébienne et, comme pour la partie visible de l’iceberg, il faut tenir compte de l’ampleur de ce qui a été perdu et de se souvenir à quelles fins polémiques ont été conservés les oracles d’Apollon chez Eusèbe.