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27/10/2014

La déraison est folie

Je me fonds en ce qui est secret et imperceptible, converge vers ce qui est idéal, indocile et déraisonnable, transite par le don et le dépassement de soi livré au règne de l'imaginaire. Cet imaginaire me conduit soit à l'impossible, soit à l'impensable. L'impensable est une suite ininterrompue d'actions attribuées aux destins pour le compte de ma folie. Impossible à faire passer sur les ondes de la raison souveraine. La déraison est folie.

28/05/2014

Quand l’humain sera chasseur et non gibier

Je suis tout feu tout flamme. C'est ma façon à moi de tout brûler pour conjurer. Comme un autodafé. Je ne me retourne pas sur un passé mort et vivant témoin de mon être si rudoyé par une certaine fatalité. Je m’attèle à l’humain épris d’un rêve qui défie les entraves du réel apparent. Et l'humain n'est pas seulement humain, ou bien peut-être l'est-il trop. L’humain comme animal que l’on surprend et qui disparaît dans la nature salvatrice d’une plénitude où j’aime à me rendre spontanément. J’apprends comme Tarzan à vivre dans la jungle des sentiments. Je cris en écho de mon âme. Seul entend l'animal en ce monde qui se dérobe à l'idée d'être senti par tous. De liane en liane, j’explore la diversité qui se donne à voir en et au-delà de cette dense végétation. Je lève les poings vers le ciel. Le réveil sonne et je cours travailler. Je serre les dents et desserre les poings. Je retournerai à mes lianes quand l’humain sera chasseur et non gibier.

20/05/2014

Entre moi et moi

Entre moi et moi, une émotion palpitante, une transmission cryptée et déraisonnable qui me pousse à aller voir au-delà. J’ai presque de l’appréhension à voir cet au-delà qui me ferait découvrir ce que je n’aurais pas la faculté ou l'audace d’exprimer, lorsque les pensées se libèrent de l’espace circonscrit d’émotions maîtrisées. Mais j’avance, car c’est ma devise, vers cet inconnu d’une quête qui ne me fait plus peur. Je m'attele à d'inactuelles émotions échappées des clichés et conventions. Je me fonds en ce qui est secret et imperceptible, converge vers ce qui est idéal et indocile, et qui transite par le don et le dépassement de soi livré au règne de l'imaginaire.

19/05/2014

Le désir, impulsion de l'âme travestie par l'esprit

Il n’est pas de ressenti plus oppressant que celui qui découle d’un impératif lié au devoir de s’exécuter sans la sève du désir spontané. Même le devoir doit relever de cette impulsion d'un désir épuré.
Tout ce qui motive nos agissements consentis doit être mû par le désir. Point d’obligation, principe, morale ou convenance qui n'aient à coeur d'être sortis tout droit de l'école de l'âme.
La liberté d’être, c’est la liberté totale de commencer une chose et d’y mettre un terme selon l’expression de ses désirs aboutis et maîtrisés. Le désir ne doit pas être une impulsion de l'âme travestie par l'esprit.

14/05/2014

Du désir spontané au désir épuré

Il n’est pas de ressenti plus oppressant que celui qui découle d’un impératif lié au devoir de s’exécuter sans la sève du désir spontané.

Tout ce qui motive nos agissements consentis doit être mû par le désir. Surtout pas d’obligation, principe, morale, convenance, ou autre transfert sans résonance.

La liberté d’être, c’est la liberté totale de commencer une chose et d’y mettre un terme selon l’expression de ses désirs épurés, expression d'une sincérité garante de l'âme.

22/01/2013

La haine est partout, là où tout semble beau

Depuis que certaines écritures promettent aux hommes un au-delà, certains devancent l'appel. Mourir serait alors une délivrance pour l'âme en transhumance ici-bas. L'âme serait-elle à ce point frustrée de n'être pas ailleurs ?? La passerelle serait-elle rompue et les sens perdus en ce monde engourdi ?? Nul doute que les schémas qui nous sont imposés conduisent l'homme à se perdre pour lui-même au profit de toutes les institutions existentes qui nous commandent. L'homme libre peut-il exister au coeur d'une cité malade aux artères factices et balisées ?? On ne peut en effet que souffrir en ce monde gouverné par la haine et la médiocrité à peine atténué par les fades vertus. Je ne parle pas de la haine remâchée par des médias complices auxiliaires d'une subversion généralisée et dont on instrumentalise la sainte relique, mais de la haine cachée derrière les beaux atours de l'amour dispensé par les donneurs de leçons qui s'attellent aux courants porteurs. Et que dire de la souffrance ?? Elle a une couleur politique assortie à la raison d'Etat, une adhésion pure et dure aux causes acquises, une raison d'être existentielle, orientée et exponentielle.

Le monde qui nous gouverne a mis les scellées sur notre mental repensé qui tourne en cage en attendant sa libération conditionnelle. Comme disait Ulrich von Hutten au XVIeme siècle : " la science fleurie, les esprits s'éveillent, cela vaut la peine de vivre ! " Je n'en dirais pas autant de nos jours.

La mort sera-t-elle alors une libération ?? Oui mais sans Dieu pour me donner encore la leçon !!

Les dieux de l'Olympe me comprennent, ils ne m'ont jamais rien promis, et sont aujourd'hui aussi effacés que je le suis. Une mort douce pour moi, une sage réserve pour nos divins modèles surgis d'un autre temps, qui nous regardent mourir d'une mort peu glorieuse.

14/09/2012

L'enfer est un paradis à comparer au purgatoire terrestre

J’ai appris de grandes choses avec le temps et qui m'ont conduit à un retrait pur, simple et résolument définitif par rapport au monde, des hommes. Une philosophie prend forme sur un plan mental où le recul permet une meilleure approche en évitant les écueils. Un détachement n’est cependant pas synonyme d’indifférence. Je garde les pieds sur terre, l'âme en bandoulière. Je me fraye un passage dans cette jungle épaisse où les humains cultivent le danger, pour les autres. Un jardin d'Eden aux natures abandonnées, à l'idéal ensevelis, perdu à jamais. Je suis entouré d’anges. Des anges au regard de pierre et dont le cœur ne connaît pas la souffrance car ils ont une âme sclérosée.

Ils n’ont pas de revanche à jouer car la gagne est une constante pour l’esprit joker qui habite les tièdes excellences. Dans le secret de leur cœur, ils me méprisent car je suis différend d’eux. Mais vu de dehors, ils sont grands seigneurs. Comment ne pas s'incliner !!

Moi je suis un ange déchu car mon coeur ne fait pas écho à leurs rituels purificateurs. Je me suis exclu de leur église, alors ils me promettent l'enfer. Plutôt l'enfer que leur purgatoire certifié conforme au paradis terrestre.

13/09/2012

Le patriotisme est un bien rare

Le patriotisme est, de source officielle, hostile et mauvais. Peut-être est-il en effet excédé par le simple fait que tout le monde s ‘en réclame, et en première ligne les plus perfides et insincère enfants perdus de la nation agonisante. Le patriotisme serait à l’origine de tous les maux car, Dieu veille, on prend bien soin de stigmatiser l’identité des nations comme vecteur de tensions, pour mieux nous vanter la miscibilité de celle-ci comme source d’apaisement. On occulte bien évidemment les réelles vocations des faiseurs de guerres qui se sont toujours désintéressés des considérations propres aux autochtones pressés sous leur traditionnel étendard en quête d’une unité sélective. Le patriotisme est devenu l’épouvantail à moineaux pour protéger les richesses de ceux qui en sont les chantres, au nom d’une démocratie qui en serait la plus vivante représentation, sur le mode républicain épuré de toutes ses insultes à la vie et à l’humanisme vrai. Le patriotisme se voudrait aujourd’hui la carte vitale de tous au profit de quelques ténors sans scrupules qui n’aiment d’autre monde que le leur. Le diable emporte tous ces patriotes de foire. Cette sobre piété est, de façon immuable, le privilège d’une minorité qui n’a que faire de s’en réclamer, libre de toute obédience, sans portefeuille ni perruque, libre de ne pas se faire obligation d’allégeance à un système qui accrédite, légitimise et sanctifie les effets d’annonces impropres. L’authentique patriote n’a pas le pouvoir car il n’est ni malléable, ni miscible au temps sans caractère qui usurpe la légitimité de l’éphémère gloire. Le pouvoir temporel, lui, est fort mais il a peur. Son heure viendra. Celui qui aime n’a peur de rien et cultive le sacrifice comme une aube désirée. Rien de surfait ne peut tuer le naturel qui, tambour battant, prend racine à la veine de l’ âme collective transmise à chacun des fils et filles, héritiers d’un pouls sensible et mesuré.

31/08/2012

D'où je parle, personne n'écoute, c'est bien

J’ai appris de grandes choses avec le temps si fugitif qui m’a conduit à un retrait pur, simple et résolument définitif par rapport aux hommes neufs, étoiles sans firmament, jouisseurs stéréotypés, farauds, crâneurs, vantards et charlatans, éperdus devant la cathédrale rayonnante de leurs reniements incessants. Et quand je parle des hommes, pardonnez ce vocabulaire mesdames, vous êtes concernées, au grand dam de notre impératif de conformité aux préceptes égalitaires de l’uniformité.

Une philosophie prend alors forme sur un plan mental où le recul permet une meilleure approche en évitant les écueils de la réflexion spontanée. Un détachement n’est cependant pas synonyme d’indifférence, et gardant les pieds sur terre, je côtoie la mine satisfaite des parfaits civilisés. Ils plastronnent. Ils sont singulièrement gentils et particulièrement modestes, appliqués à se conformer à la pensée préfabriquée qui leur sert de passeport dans toutes les têtes disciplinées. Je les regarde passer, maîtres d’un univers si étroit que les dieux n’ont point sourcillé à son évolution brutale. Le cœur me serre. Cette formidable aberration passera comme une vaine dépression, une parenthèse pleine de regrets, si prompt à se refermer que le temps n’en sait compter. Une parenthèse sans comparaison avec l’éternité dont la terre n’est qu’un chantier sans cesse renouvelé. Sans m’attarder je regarde, car je suis un papillon, et je vole où les vents me portent, fidèle à la vie sans lendemain qui me va si bien, et plus je prends de la hauteur, plus les humains sont petits, l’air de rien.

31/05/2012

Positif ou négatif, l'homme est pesé par l'homme

Savez-vous que l’évolution comportementale et morale de l’homme nous permet de mieux évaluer la valeur pure de la personne humaine à l’aide d’un critère pouvant servir à son perfectionnement en fonction de son positionnement.

En effet, ne vous a-t-on jamais dit que vous étiez soit positif, soit négatif. Le bien, le mal, quoi de plus actuel? Dans le cas présent, je me positionne en fonction du second critère, car je ne me sens pas à proprement parler positif. Il faut dire que pour être positif, il convient d’être l’expression plus que parfaite de l’épanouissement incarné, au point de trouver bonne et de la bien manger, une soupe à la grimace que l'on nous sert comme un met désiré.

La vue du monde doit rayonner à travers le prisme réfléchissant de votre faculté à tout positiver, tel le Christ en croix, parée de ses plus simples effets.

Vous serez alors aimé comme un dieu providentiel, un messager du paradis perdu venu distiller dans les âmes tendres, un doux venin qui réchauffe les cœurs bercés d’illusions, dos aux réalités.

Or, ce sont bien de ces réalités dont il est question. Ces réalités  que fuit le papillon. L’homme positif est le miroir qui réfléchit vos faiblesses sous l’angle le plus favorable. Moi, je suis le négatif qui jaillit de vos esprits refoulés . 

29/05/2012

Je suis un esprit reclus dans un espace sans fin

Ma piété filiale s’est éteinte à l'aube d'une longue éclipse. Les  statues sont restées de marbre et n’ont pas répondu à mes attentes. Je n’y reviens plus. Je préfère aux simulacres de l'amour facile, une mort naturelle qui ne tue point.

L’amitié ? Son culte a rendu l'âme sur le piètre autel qu'on lui consacre. Je n’ai rencontré que des succédanés qui m’ont forcé à l’ennui. Il faut dire que l’amitié est pour moi une bête sacrée. Je la connais, je la pratique en songe, et la garde au secret d’un ressenti qui ne s’en laisse pas montrer.  Les dieux me préservent des humanités évangéliques et décomplexées dont la passion malade surestime et dépouille le langage du cœur pour satisfaire l’avènement d’un nouveau code de l’âme. De ce que je suis, je ne lâche plus rien. Mon sanctuaire ne saurait trouver l’harmonie dans l’universelle incurie de cet être meilleur qui sévit partout. Vivre et penser avec son temps, c’est prendre pour argent comptant un modèle triomphant qui vit libre dans sa cage dorée interdite aux mauvais sujets. Qu’importe à l’homme, pourvu que l’âme aux enfers travaille à sa propre perte, dans l’infertile évolution qui plaît à Dieu, purgatoire où l'excellence affine son égo subtil.

Je suis d’un autre temps.  Un temps où les hommes cultivaient l’austère d’une vie sincère. Je suis un esprit reclus dans un espace sans fin où les âmes étanchent leur soif.

10/05/2012

Les plus belles âmes ne s'éternisent pas, sur terre

Les plus belles âmes se donnent si bien que tout le monde butine leur coeur pour en faire son propre miel. Les âmes viles en revanche s'économisent au mieux et s'accrochent à tout ce qui leur permet de durer afin de prolonger leurs désirs de nuisance pour satisfaire à leur cure de jouvence.

Mais au bout du compte, la mort ne les épargne pas. N'y voyez pas justice en ce bas-monde. La mort n'a pas de coeur. Elle ne fauche pas les esprits pour faire moisson!! La mort n'est qu'une simple réalité dont l'homme est l'objet du plus dérisoire effet.

23/03/2012

Egalité Homme Femme, sujet tabou ???

Extraits de « L’égalité des sexes »

de Yves Christen

 

Yves Christen repère deux types de stratégie de comportement bien différenciés. La femme, dont le cerveau est différent, s’avère supérieure à l’homme dans l’acquisition du langage et de tout ce qui adhère au réel alors que l’homme, plus doué pour l’abstraction, le sera aussi pour la composition musicale, la mathématique et les sciences. Il y a chez la femme un lien corps-esprit plus étroit. Elle s’attache à la réalisation de soi alors que l’homme se préoccupe du pouvoir qu’il a sur les autres.

L’homme et la femme ont chacun une fonction, des qualités qui leur sont propres. L’un n’est pas l’autre. L’un ne peut aller sans l’autre.

Ces fonctions respectives rejoignent très bien les attributs propres aux dieux. Le lien corps-esprit de l’élément féminin (monde d’Héra = eau/corps/esprit) et l’élément masculin (pouvoir de Zeus = feu(détachement)/air/esprit, était déjà très bien compris d’Homère, visionnaire et guide, aède exercé aux arts divinatoires. Les deux éléments étant sacrés, divins et complémentaires. Le pouvoir de Zeus n'est en rien supérieur à celui d'Héra !!

 

A tout bien considérer, le fondamentalisme existe également chez les tenants d’une idéologie dominante !! Il n’est que de citer l’angoisse qui étreint les chercheurs (et chercheuses ?) :

C’est Maggie Scarf qui commente ses recherches sur la plus grande fragilité féminine face à la dépression par ces mots : « J’ai cru perdre la tête quand j’ai commencé à interviewer les gens. Je me disais : je ne peux pas écrire cela, on va me traiter de sexiste ».

C’est Sarah Hardy, sociobiologiste et féministe qui confesse : « Ce n’est pas par accident que j’ai été amenée à étudier le « langur Hanuman »(singe), espèce caractérisée par l’exploitation sans pitié des femelles par les mâles…….J’ai parfois comparé mes neuf années passées à observer et décrire les singes de l’Inde..au fait d’ « assister à la représentation d’une pièce de Strindberg qui durerait une décennie. Oui, Strindberg : cet écrivain qui pensait que les hommes et les femmes étaient si dissemblables qu’ils devaient appartenir à deux espèces différentes ». On dit qu’il devint fou à force de se plonger dans les différences inconciliables entre les sexes ».

C’est Bruce Mc Ewen de la Rockefeller University, qui commente en ces termes les études au niveau cérébral : « Ironiquement, ces différences furent d’abord mises en évidence grâce à des techniques très complexes alors qu’elles sont aujourd’hui visibles à l’œil nu. Peut-être avait-on peur de faire cette constatation et espérait-on ne rien voir ».

C’est Evelyne Sullerot qui explique en guise de préface de son « Fait féminin » à quel point elle avait peur de scandaliser et combien lui avait été nécessaire l’appui de Jacques Monod, protégé en la circonstance par l’honorabilité que confère le prix Nobel. On le voit : les choses ne se sont pas faites sans difficultés. Bien des conclusions scientifiques ont été enfantées dans la douleur. Contre les préjugés de leurs auteurs et dans la crainte de susciter la réprobation des milieux intellectuels dominants.

 

Le féminisme, injure au sexe féminin ?

 

Et pourtant ! Y a-t-il quoi que ce soit d’injurieux à considérer qu’au bout du compte hommes et femmes diffèrent sur de nombreux points ? Rendre justice à tous, ce n’est pas parer chacun d’attributs mythiques, c’est honorer des qualités réelles. Affirmer que les sexes sont en tout point similaires, c’est non seulement énoncer une absurdité, mais c’est aussi aliéner la femme puisque c’est elle que l’on situe par rapport à l’homme. Cela, le psychologue britannique Gleen Wilson l’a très bien vu. « Ce qui échappe aux féministes, explique-t-il, c’est que leur propre position pourrait constituer la plus grosse insulte jamais faite au sexe féminin. Elle implique en effet que les femmes sont des créatures si faibles et ayant si peu de personnalité qu’elles peuvent aisément adopter (sous la pression des hommes) un comportement contraire à leur inclination, et que le comportement masculin est à ce point idéal qu’elles doivent tout faire pour chercher à l’imiter ». Et Gleen Wilson ajoute fort judicieusement : « Je crois qu’hommes et femmes sont égaux en ce sens qu’ils sont prédisposés par leur nature biologique à se comporter de façon particulière et que les rôles sexuels adoptés de façon caractéristique par les hommes et les femmes sont également utiles à l’espèce ».

C’est la conclusion du bon sens ; mais c’est aussi celle qu’impose la connaissance des faits. Car ainsi que l’explique Evelyne Sullerot : « Quand Simone de Beauvoir dit : « On ne naît pas femme, on le devient », c’est une thèse. Mais quand on dit : « On naît bel et bien femme », c’est une constatation.

 

En vert : notes personnelles

23/09/2011

L'orgueil fait carrière

L'orgueil fait carrière chez tout homme incapable de sacrifices, incapable d'oeuvrer contre lui-même pour détourner le regard des autres. Le carriériste, focalisé sur son égo, n’a paradoxalement aucun empire sur lui-même. Son assurance est un leurre prémédité astreint aux artifices transmis pour le bien-être des sens, là où la pensée s’’attache à faire de l’esprit l’univers séducteur d’attitudes empruntées. Son excellence n’est que l’aboutissement d’une maîtrise parfaite au service d’une pratique exclusive pour le luxe frivole d’une satisfaction garantie. Pourtant, dans son fort intérieur il n’a jamais grandi, et cache son nanisme derrière la carte maîtresse d’un théâtral tempérament qui lui donne des airs de grandeur. Son âme noire, prisonnière de ses nomenclatures, voile son visage pour cacher l’image déformée de sa nature morte en quête d’un graal travesti. Il ne peut se départir d’une vanité soumise au labarum de sa pensée matérialisée en orgueil invétéré. Son approche est perverse. Jailli de ses eaux mortes, il enfonçe le dard de l’amitié, pour mieux jauger de haut ce qui coule de source et alimente le cœur des forêts profondes. Pour lui, rien n’est plus purifiant que prêter à la vertu le pouvoir subtil de l’esprit malin dont l’expression exhumée trahit le jeu des travers humains. Tous ses déshonneurs trouvent leurs justifications dans les mobiles élémentaires et alimentaires d’une fin en soi. Tout lui est bon pourvu qu’à l’être le paraître ait raison. Un caractère sympathique où les valeurs cardinales ne trouvent aucun port d’attache, empêchées, perdues dans le marécage pestilentiel de leur contrefaçon. Une violence toute en pensée dont l’objet n’est pas de la nature pensée, mais du règne animal. Quoi de plus affligeant lorsqu’il affecte une justice dont il est le héraut et l’administrateur, lorsqu’il regarde le monde comme une matière à pensée dont il irrigue le flux vers la terre inféconde de ses mobiles cachés. Apôtre de sa propre réflexion, il donne à ses orientations force de loi et légifére sur la recevabilité d’une contestation par nature mal fondée. Toute l’étendue de sa personne converge vers les gorges étroites de son esprit, où livrées aux torrents de l’orgueil, les fluides pensées se brisent dans un ressac perpétuel . Bientôt, les traits d’un vieux se signalent sur le visage d’enfant qui a perdu la pureté et l’innocence pour l’ingrat privilège de l’orgueil coupable.

10/06/2011

Le néant, maison des orphelins

Il m’est souvent arrivé de me demander la part de sentiments sincères enfouis profondément derrière les convenances, politesses, simulacres et trompe-l’oeil. Si, de la part d’autrui et à mon attention, il existe une petite lueur d’esprit qui touche à l’âme, suffirait-elle à éclairer la plus infime portion du néant ?

C’est pas moi qui le pense, c’est l’autre, celui qui vient du néant.

24/05/2011

L'amour, lutte d'influence

L’amour est une mosaïque subtile au sein duquel le tact politique participe à l’équilibre. La rivalité est incompatible, mais en revanche, la manœuvre permet à chacun de préserver la souveraineté de sa personnalité, afin de ménager les ressentis d’une intimité préservée. L’objectif est bien évidemment l’établissement de frontières garantissant l’intégrité et le respect de l’un et de l’autre.

Point de superpouvoirs pour imposer un canevas de fait, mais deux territoires indépendants, libres et fusionnels.

Une seule règle : Le contact doit rester permanent. Point de fuites. Point de capitulations. Beaucoup de diplomatie. S’exiler à loisir vers d’autres cieux, pour d’autres sons, sous l’influence d’autres sens, ne conduit qu’à briser la lyre et détruire le seul pont empruntable de l'idéale relation. Par ailleurs, se soumettre à l’arbitraire d’une doctrine revient à laisser se créer pour la fin des temps la menace d’une tête de pont et l’invasion sans rémission d’une indiscutable domination.

Le rapport de force et la pacification, ou l’esclavage et la tyrannie, telle est l’alternative pour conduire l’attelage de l’amour.

L’amour et la joute ne sont pas en rupture de ban. Ils sont de la même veine, d'un même sang, fouettés à tous vents de tout temps, de tout temps en est faite l’histoire.

Il n’y a pas de couples sans histoires.

09/05/2011

La bonté culte tue le spirituel

Loin du cœur, la bonté semblait avoir créé un nouveau monde où s’exprimait le ton monocorde d’une délicatesse ampoulée, janus féminin d’un conformisme bon teint, modèle original d’une forme empruntée à l’art consommé d’un faire voir mondain aux accents populaires. Cette attitude conventionnelle, rehaussée d’une culture culte intentionnelle, se présentait comme une toile figée dans un cadre virtuel, aquarelle dont les tons pastels momifiaient vivants tous les entregents.

Derrière cette bonté aux accents privilégiés, aucune espèce de flamme n’égayait les esprits de mon temps. Le rayonnement des âmes phares n’avait pas même la chaleur d’un boisseau mort en feu. Le spirituel, chauffé au bioéthanol, cédait au luxe fade d’une satisfaction personnelle à se hisser haut sur l’échelle d’une excellence aux normes bien actuelles, pleine de bonté envers les êtres moins pourvu que dénués.

26/04/2011

Personne en mon confessionnal!!!

Dans les recoins discrets de sa conscience, il cachait les mille et un souvenirs des dons qu'il faisait de lui-même, de ses joyeuses abnégations, du service volontaire dont il était si fier.

Son bien le plus cher était à l'abri des spéculations. Loin de toute confidence. Cet espace qui sert de repli sur soi avait vocation à rester inviolable. On part avec ses secrets, on vit avec. Dire c'est mourir, on n'a plus rien à emmener. Comme une fée dont on dévoilerait le secret, la magie disparaît.

22/04/2011

La beauté

La beauté subsistait, retranchée sous le grouillement infernal des dehors trompeurs, effacée derrière les attraits cosmétiques de l’esprit sans âme, où le cœur à fleur de peau se prête à tous les maux. Le monde pouvait bien se voiler la face et se pâmer devant l’œuvre humaine du faire voir. Au delà d'une réalité contre-nature, les dieux n’étaient dupes de rien. Ne traversait le temps que l’œuvre achevée dont l’âme était empreinte, opérant à cœur ouvert dans l ‘émotionnel pied à terre de son autel parfumé.

21/04/2011

Le bien

Le bien est dans toutes les bouches, mais il n’est pas forcément dans toutes les têtes. Il est partout, revendique son omniprésence, en pleine inflation, mais on le rencontre rarement. Il est urgent de le repenser librement, loin des clichés propres aux gourous qui confisquent la parole. Si l’on réfléchit un tant soit peu, le bien n’est-il pas intrinsèquement porté à être rehaussé d’une intelligence valorisante ? Faute de quoi, il se dévalorise et revêt les formes floues d’une vague abstraction. L’intelligence est divine, le bien ne l’est-il point ? Si le bien est divin, pourquoi devrait-il en son âme et conscience n’être pas mûrement pensé ? Pourquoi devrait-il n’être pas sagement éprouvé et tendre à la raison d’être d’une émotion légitime ? La raison qui découle d’une émotion, c’est la raison d’être, le bien ultime, l’ultime bien qui nous fait aimer les dieux, et qui nous le rendent sans cérémonies. Le rituel du bien est un mal moderne qui n’est en soi préjudiciable qu’à l’amour sincère dont se dispensent les êtres sans suite en mal de respectabilité.

Ne cherchez pas à faire le bien autour de vous sans discernement. C’est pure utopie. Le grand bien est de ne pas forcer la nature d’autrui. Le grand bien est de donner de soi-même avec raison gardée, mais de le donner pleinement à ceux qui acceptent de le recevoir. Juste un peu. Donner trop est inopportun. Gardez-vous de trop donner. Ne forcez pas au bien ceux qui n’ont pas le désir. Sinon la vertu devient système entre les mains d’un ministère individuel aux fins égoïstes. La morale s’insinue alors toute entière et produit le messianisme purificateur du prosélyte au cœur sec. Rien de plus vain que la bonté qui découle d’un usage consacré. L’homme idéal n’existe que dans une individualité plus forte que nature. C’est faire grand tort au bien que de déformer les rapports de l’homme avec le monde pour les besoins d’une ascèse esclave de l’amour. L’amour n’est universel que dans la mesure où il est individuel et individuellement réparti sans aucune uniformité de genre ou d’espèce. Le bien a vocation à être redistribué avec bon-sens sans souffrir l’expiation d’un automatisme creux, nivellateur, politique et rémunérateur.

11/02/2011

Le temps n'est pas méchant, la vacherie, c'est pas lui.

Pierre après pierre, il édifiait le monument de son être intime et, généreux de lui-même, prodiguait l’idéal de son éveil tendre au vieux monde environnant. L’âge d’or libérait son pollen. A cœur ouvert, il livrait les secrets d’un jardin d’enfant aux attraits luxuriants, et tournait la tête au monde en souriant. L’horizon pénétrait l’enceinte sacrée par toutes ses bouches et conjuguait avec le ciel le temps présent d’un amour parfait. C’était le domaine réservé où l’enfant exaltait son paradis ressenti, plongé dans l’univers sans terre où l’homme est aérien. Mais pressé de brûler son feu, il se consumait d’impatience.

 Survient l’amour comme un piège auquel on se laisse prendre au delà de toute raison. L’amour se présente alors comme l’alternative à une solitude qui ne vous donne rien que vous n’ayez pris, et se présente tout naturellement et sans arrières pensées aux espoirs insensés d’une humanité inquiète et pressée.

Et le temps passe à l’allure souhaitée. Et plus le temps passe, moins on est pressé.

Autant on édifie, autant les espoirs se brisent sur les écueils hérissés que sont les belles pensées qui corrompent ce monde, où l’âme est portée à subir l’outrage d’une violence mortelle et imperceptible. Ca n'est pas le temps qui est méchant. C'est la vacherie humaine qui nous fait chuter et contre laquelle on se relève sans cesse pour la plus grande gloire du plus modeste contre-pouvoir. Vivre avec audace, quel que soit le bilan de nos actions. Tenter dans le but d'agir, c'est tout l'intérêt d'une vie. Tenter l’impossible pour se forger un mental d’exception.

Aussi, en dépit de nos efforts pour vivre au milieu d'une nature humaine esclave de ses tares, il est une autre nature plus primordiale, plus impitoyablement légitime, et devant laquelle on s'incline avec respect. L'existence. En elle, tout commence et tout fini. En elle, on s'exalte puis elle nous quitte. En elle, vous avez beau construire écluse sur écluse pour gérer vos émois, dame nature reprend ses droits. Mais grâce à Harmonie, la flamme est toujours là et survie longtemps, car au delà de soi, on peut rendre à la vie ce qui l’origine par le transport de l’autre.