12/05/2014

Pas de pitié pour la mort

Avant de penser à ce qu’il peut advenir de nous après une mort si nécessaire à l’existence de chacun, il convient de s’interroger sur la manière qu’il nous sera donné de prendre congé pour l’éternité. Dans un dernier geste à l’humanité, montrer que l’on a les ressources de faire place nette avec élégance. Facile à imaginer lorsque la question n’est qu’affaire de projection et que la santé ne nous met pas au pied du mur. La mort a plusieurs visages sur l’absence d’un corps insaisissable. Alors plutôt que d’affronter un ennemi plus fort que soi, je me suis imaginé lui faire une place de choix dans mes relations privilégiées. L’inviter à ma table, lui dédier un autel et lui faire des sacrifices. Ne surtout pas la flatter et lui jeter Dieu en pâture afin de lui montrer ma prévenance. Mais j’ai confondu la mort et le mal. La mort n’est pas le mal, elle est la nécessité, l’imparable destinée. Que ne pourrais-je pas lui donner un gage en m’adaptant à son tempérament fort et si intransigeant. Ne sommes nous pas semblables sur la forme ?? Point de formes et point de gage, elle prend tout et je ne suis pas pressé de tout lui donner pour me faire oublier d’elle au final. Qu'à cela ne tienne, peut-on se conduire en amis si je m'évertue à broyer du noir ?? La route n’est pas à double sens et la mort n’a pas d’amis. N’en ayant pas non plus, je croyais pourtant voir une communion d’esprit. La mort n’a pas d’esprit. Dois-je alors me manifester à elle par l’exercice d’une souffrance existencielle ?? La vie me l’interdit et l’amour me rappelle à lui, bien qu’il m’en coûte, lui qui m'a déjà tué une fois. Je suis donc condamné à ce baiser glacé fatal à l’étreinte de la vie. Il ne me reste que l’élégance à sauver de ce péril futur si présent à l’esprit.

Que les dieux me soient propices. Permettez-moi, oh mes dieux les plus chers, de conduire ma barque aussi loin qu’il me sera permis de garder les pieds sur terre. Pas de pitié pour la mort, elle ne sera donc pas mon amie.

Commentaires

Differents themes sont abordes ,probleme existentiel face a la vie et la mort,impermanence de la relation amoureuse et la souffrance qui en decoule,theme de l amitie.
Il est de fait important de se preparer emotionellement a la mort, mais considerer une dualite vie/mort nous engage sur une fausse piste.La mort ,comme vous avez ecrit par ailleurs je crois est un cycle de la vie.La vie est la vie de l esprit,le corps son vehicule qui sera abandonne a la fin de son propre cycle.Mais la vie de l esprit au plan subtil a commence avant la naissance,s incarne dans un corps pour un temps,puis entre dans le cycle des renaissances.Donc ,la mort n est ni amie ,ni ennemie.On peut de fait avoir une approche "elegante" face a la mort au moins sur le plan spirituel.
J aime bien l ecriture elegante du texte ,texte qui a mon humble avis se presente un peu parfois comme un puzzle riche en concepts ,et emanant de l esprit inspire du guerrier face aux difficultes de l existence .

Écrit par : Marie Antoinette | 18/05/2014

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