30/05/2012
Des héros qui exécutent des milliers de femmes et d'enfants

Article de Jimi.B
Les films catastrophe à grand spectacle (et à gros budget) connaissent toujours un grand succès. Il y a quelques années, Le Titanic de Cameron produit par la 20th Century Fox et Paramount Pictures a battu tous les records d’entrée de l’histoire du cinéma (plus de 20 millions de spectateurs en France !). Plus récemment (juin-juillet 2006), le Poséidon de Wolfgang Petersen a rassemblé plus de 600.000 français dans les salles en quelques semaines.
Le sujet passionne. Mais parmi ces millions de spectateurs passionnés, combien sont-ils à avoir entendu parler de la plus grande catastrophe maritime de tous les temps, celle du « Wilhelm Gustloff », le « Titanic de la Baltique » ? Pourtant, coulé en janvier 1945 par un sous-marin russe, le paquebot allemand emporta par le fond quelque 9 343 victimes, civiles pour la plupart, méconnues et oubliées par l’histoire telle qu’elle a été écrite ensuite.
En France, pas un ouvrage n’a paru sur le sujet à l’exception de « En Crabe », de Günter Grass. Pendant plus de 50 ans, les allemands de l’Ouest, culpabilisés, et ceux de l’Est réduits au silence, ont enfoui pudiquement le souvenir de ce « bombardement sous-maritime » sans jamais oser l’évoquer autrement que dans la clandestinité de cérémonies qui se sont tenues discrètement à chaque date anniversaire.
Fleuron de la flotte allemande de l’époque, le « Wilhelm Gustloff » n’était pas conçu comme le Titanic puisqu’il fût construit « à la gloire des travailleurs » et fût le premier navire sans distinction de classes. Transformé en navire-hôpital à partir de 1939, il sert également de caserne flottante à partir de 1940.
En janvier 1945, dans le port polonais de Gdynia, 60.000 réfugiés allemands s’agglutinent sur les quais pour fuir l’avancée des régiments russes. Plus de 10.000 personnes seront autorisées à monter à bord alors que le manuel du navire n’en autorisait que 1.500…
La suite ressemble fort au Titanic, une température extérieure de –20°, un vent de force 7 soulevant d’énormes vagues, des canots de sauvetage en nombre limité…
Extrait de Wikipédia :
Le Wilhelm Gustloff reçoit un message d'une formation de dragueurs en approche lui demandant de naviguer avec les feux de position allumés pour éviter tout risque de collision entre les navires, ce que le capitaine Petersen exécute immédiatement. Mais un quatrième sous-marin se trouvait alors en patrouille à proximité, le long de la côte basse de Poméranie orientale : le S13. Alexandre Marinesko, le capitaine du sous-marin, fait armer 4 torpilles, dénommées « pour la mère-patrie », « pour Staline », « pour le peuple soviétique » et « pour Léningrad », qui touchent le paquebot plongé dans le noir qui coule en moins d'une heure. Pendant ce laps de temps, une grande panique règne à bord du navire bondé, où les canots de sauvetage sont en sous-nombre et assaillis. L'un des rescapés, le mécanicien Johann Smrczek fait le récit des événements. Ayant rejoint le pont supérieur aménagé pour les blessés du front oriental, il y a « pris conscience du drame qui se déroulait en bas. À travers les vitres blindées, je ne pouvais les entendre crier. Mais les gens étaient serrés comme des sardines et le pont inférieur était déjà à moitié couvert d'eau. Et j'ai vu des éclairs, des coups de feu. Les officiers tuaient leur propre famille. »
Seuls 996 rescapés sont secourus par des navires accourus à la rescousse, laissant derrière eux plusieurs milliers de victimes dont plus de 4000 enfants et adolescents. "Ces jeunes victimes ont élus foyer dans mon coeur. Je leur offre tout mon amour en sépulture."
D'autres navires de transport subiront le même sort dans la fuite de la Prusse-Orientale :
- Le Général Von Steuben coulé le 10 février 1945 par le même Alexandre Marinesko (et dans la même mission) et qui fit près de 3 000 victimes, réfugiés et blessés essentiellement,
- Le Goya, coulé le 16 avril 1945. On avance le chiffre de 15 000 victimes cumulées pour les naufrages du Wilhelm Gustloff et du Goya.
Le torpillage du Wilhelm Gustloff
Alexandre Marinesko, l'exécuteur : Sa recommandation au titre de Héros de l'Union soviétique fut rejetée par le NKVD parce qu'il avait eu une liaison avec une ressortissante étrangère. Ce n'est qu'en 1990, à la veille du quarante-cinquième anniversaire de la victoire, que cette distinction lui a été attribuée à titre posthume.
Un héros rouge sang, tâché à jamais du sang des innocents désarmés, enfants, adolescents, femmes, vieillards, soldats blessés au front. Qui osera lui contester son titre de héros ? Il rejoint au panthéon des "Héros" funestes, Arthur Travers Harris, à l'origine du concept de "bombardement moral" et des campagnes de bombardements stratégiques massifs.
Malgré les lourdes destructions de Caen sous les bombardements alliés, en particulier les avions Lancaster et Halifax du général Harris, ce dernier fut fait Citoyen d'Honneur de cette ville après la guerre. Une voie fut même nommée en son honneur, vers 2007, dans la zone Nord de l'agglomération sur laquelle il avait fait larguer 2 500 tonnes de bombes le 7 juillet 1944. Moi qui suis caennais, j'en suis particulièrement affecté !!
Aura-t-on l'impudeur de nous dire que cet hommage ne fait pas ombrage aux victimes ?? Honte à cette humanité qui honore les crimes en odeur de sainteté !! Comment ne pas s'indigner de l'application de tous à taire le martyr de tout innocent, dés lors qu'il ne compte pas au passif du vaincu, dés lors que le vainqueur en est le funeste auteur.
Arthur Travers Harris / Dresde :
Le premier maire communiste de Dresde, après la guerre, Walter Weidauer, considérait en 1946 les attaques comme évitables bien qu'ayant été provoquées par les « fascistes allemands ». Cependant trois ans plus tard, il considérait les puissances occidentales comme seules responsables du bombardement « criminel » de Dresde qui ne répondait à aucune nécessité militaire. Une hypothèse (défendue entre autres par l'Allemagne de l'Est à partir de 1949) était que les Alliés occidentaux avaient voulu laisser à l'Union soviétique une zone d'occupation détruite.
Extrait de Wikipédia :
À la fin de la guerre, l’Allemagne est un pays affaibli. Les bombardements et les incendies ont détruit les grandes villes et plusieurs régions industrielles comme la Ruhr (Ruhrgebiet). Le 30 mai 1942, les Alliés effectuent leur premier raid sur la ville de Cologne. Des raids destructeurs, dont le but est de briser le moral et le potentiel industriel de l’ennemi par des bombardements stratégiques massifs, et qui laissent Cologne dans un état de ruine totale. Seule la cathédrale reste debout. À l’arrivée des troupes américaines à Cologne, la ville ne compte plus que 40 000 « habitants », contre 750 000 en 1939. La ville portuaire de Hambourg connaît un sort encore pire lors de l’opération Gomorrhe en juillet 1943. Lors des bombardements de Dresde, 650 000 bombes incendiaires tombent sur la ville, provoquant entre 300 000 et 450 000 morts dont seules 250 000 ont pu être identifiés. Un tiers de la ville est détruit du 13 au 15 février 1945.
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26/03/2012
Pas d’histoire sans une grande probité intellectuelle
Ce qui est inculte dans l’esprit de l’homme contemporain, c’est son inaptitude à tendre ou se maintenir dans l’espace intègre de la sagesse qui sous-tend l'exercice pratique de son propre recul, préalable intellectuel insupportable pour son égo menteur. Il en résulte que l’homme est toujours porté à mentir ou exagérer avec ce désinvolte simulacre d’apaisement générateur de conflits futurs. A titre d'exemples, n'ayant pas le coeur de pourfendre les mensonges, je m’en tiendrai à l'énumération pondérée de quelques exagérations à propos d'évènements qui font date, et montrer que la fiabilité d' écrivains réputés ne fait pas l'histoire, celle-ci étant soumise à leur état d'esprit.
Extraits de l’ouvrage de Norton Cru « Du témoignage »
On s'en tiendra à la Guerre de 14/18, la seconde n'étant pas ouverte aux débats.
« Il n’y a plus de terre, mais un tapis de cadavres »(Lekeux)
« La terre était positivement cachée par les corps »(Descubes)
« Des couches superposées de cadavres boches nivelaient au ras du sol le carrefour [de tranchées] qui la veille s’enfonçait à prés de trois mètres(Péricard)
« Les cadavres allemands se tassaient jusqu’à deux ou trois mètres de hauteur »(Gauchez)
« Les prussiens tombaient tellement serrés qu’il y avait des cadavres restant debout »(Lauzanne)
« Au bord du talus et sur le fond de la tranchée traîne un long glacier de cadavres »(Barbusse)
« Le boyau était un entassement infâme…..on hésitait à fouler ce dallage, puis on avança pataugeant dans la mort »(Dorgelès)
« Telle une averse rouge le sang des braves giclait sur les avoines hautes »(Christian-Frogé)
« Une nappe de sang vermeil…- Une source de sang gémissant…. – Un ruisseau noir qui a afflué dans la rivière..(Barbusse)
Comme disait Jubert, mort à la guerre, « Quand les balivernes nous apparaissent trop fortes, tirées à des millions d’exemplaires, un mouvement d’humeur nous prend bien vite »
« Dire la vérité n’est pas de la sévérité, c’est un devoir. Et bien peu la disent. Com. Henches. Lettre du 26 avril 1916
Norton Cru : « Barbusse, Dorgelès, Remarque, ne se sont pas mis en frais d’observation et d’esprit critique. Ils ont accepté des mains des bellicistes et Rodomonts d’hier et de jadis la notion traditionnelle du combat ; ils n’y ont rien changé, ils ont dépeint les mêmes bagarres, les mêmes assassinats à l’arme blanche, boucherie héroïques devenues sous leur plume boucheries démentes et inhumaines. Ils n’ont rien ajouté pour remédier à la carence de la psychologie chez leurs modèles : leurs poilus ont des goûts d’apaches et s’adonnent au meurtre avec un brio imité des brutes héroïques de nos fastes militaires apocryphes. C’est la plus révoltante calomnie de ces braves gens, le soldat français et le soldat allemand. La belle œuvre que voilà, pour des pacifistes ! La belle vérité qu’ils nous révèlent ! Ils ne l’ont certes pas puisée dans leur expérience personnelle du combat. Littérateurs, doués du sens du public, avertis de l’attraction malsaine qu’exercent le geste tueur, le couteau sanglant, le cadavre mutilé, ils en ont joué hors de propos avec un art déformateur, et ont servi à la foule moutonnière ce qu’elle lit depuis des siècles, mais en le colorant à la mode du jour.
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16/03/2011
Leclerc de Hauteclocque, états de service
Au pied du nid d'aigle d'Hitler, les combats ont cessé la veille. La guerre est finie. Le PC de Leclerc est installé à Bad Reichenhall. Des soldats américains, qui les avaient fait prisonniers, viennent déposer douze hommes, des Waffen SS, dans la rue où est installé l'état-major de la 2ème DB. Stupeur chez les Français : ces SS sont, eux aussi, français - issus de la Division Charlemagne ! Leclerc passe les voir quelques minutes et une altercation a lieu. Alors qu'il leur demande s'ils n'ont pas honte de porter l'uniforme allemand, l'un des prisonniers fait remarquer au libérateur de Paris qu'il porte bien, lui, l'uniforme américain. C'en est trop. Leur destin est scellé. Dans l'après-midi du 8 mai, (alors que tous les combats en Allemagne ont cessé officiellement), ils sont fusillés par la 4ème compagnie du Régiment de marche du Tchad (RMT), dans une clairière proche de Bad Reichenhall. Les corps sont abandonnés là et ne seront inhumés que trois jours plus tard par l'armée américaine.

13:44 Publié dans guerre, histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |


































































