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31/10/2007

L'esprit entravé

Tout ce qui fige la pensée par l'édiction de règles est dogmatique. La loi est dogmatique, les droits de l’homme sont dogmatiques, l’internationale démocratique est dogmatique, les religions révélées sont dogmatiques. Certes, les règles sont nécessaires pour conduire la vie citoyenne des hommes dans l’intérêt de tous. Le contenu même de ces règles peut au demeurant être louable. Mais il en va tout autrement de l’intimité recherchée avec les dieux. Même si celle-ci suppose une conduite irréprochable, même si la vertu est une évidence qui n’a besoin de code, elle n’est pas sujette à des impératifs moraux, à des règles établies. Nul besoin de statuer sur ce que l’homme doit être, et libre à lui de choisir le moyen d’accéder à ce qu’il a vocation à être.Toute observation de l’esprit à une loi morale étrangère à sa propre aura ne peut que nuire à l’essor de l’âme. La foi part de soi et ne transite par l’autre qu’au diapason d’une approche sensible intraduisible. Toute tentative visant à matérialiser l’enchantement se réduit à de simples projections de l’esprit. Le paradoxe de l’âme est qu’elle est ancrée en permanence dans l’espace généré par la vie de l’esprit tout en étant plus fugitive qu’une ombre dés qu’elle touche à celui-ci. Pour permettre l’interpénétration ou plutôt l’osmose, il faut que l’esprit transcende la nature « formelle » que l’on imprime sur elle, au delà du piège mortel de la pensée pure, de la vérité vraie. Il faut se libérer de toute entrave, avoir sur le monde un regard neuf affranchi de toute prescription destinée à homogénéiser l’homme élevé au rang de moderne, gavé d’espérance pour souffrir dans sa chair. Retrouver la flexibilité qui permet le détachement tout en ayant soin d’apprendre d’autrui tout en restant soi-même. Se faire violence au besoin pour sauvergarder l’originalité qui nous distingue et favorise la communication ainsi que le respect. On ne peut prêter aux dieux une volonté régimiste voir conjoncturelle de conduire le pieu serviteur des dieux à la stricte observation d’orientations politiques extraverties, voir de clichés culturels dévoyés qui font allégeances au déracinement et au reniement d’une raison d’être réduite à l’image de ce que sont nos temples dévastés.

30/10/2007

Le monde des hommes

Aujourd'hui et pour toujours, méfie toi des hommes.

Marche droit et ne te renie jamais. Mais garde toi de tout dire qui ne soit tout sourire. Ne soit l'otage d'aucune âme vile. Gage sur la prudence et n'oublie pas de vivre au delà du regard des autres.

Si un jour le sacrifice te commande, par tous les dieux, face que ton âme soit la seule autorité dont tu tires le mot d'ordre. Rien ne doit te contraindre si ce n'est les contraintes matérielles de la vie courante.

C'est pour une raison de vivre que l'on sacrifie le meilleur de soi, non pour un devoir moral que la haute société pilote, et dont le copilote est un profiteur. La liberté est dans le coeur, l'indépendance dans l'esprit. Ceux qui l'ont en bouche ne sont que des serviteurs.

22/10/2007

Platon

Comment est-il possible au commun des mortels de parler de Platon ? C’est un peu comme parler de Jésus Christ ou de je ne sais quel prophète qui guide et traduit l’idée que l’on doit se faire d’un corps de doctrine. Car les écrits de Platon sont bel et bien un corps de doctrine qui englobe le politique et le religieux. Ce sujet me direz-vous prend un tournant polémique ? Nullement !! Mais, à dire vrai, dés qu’il s’agit d’appréhender ce qui se rapproche de prés ou de loin à un dogme, la critique est toujours considérée comme polémique, car les détenteurs de règles n’admettent pas l’idée même d’avoir à en discuter. Et il s’agit bien là d’idées, du monde des idées, de la multiplicité des idées unifiée par l’Idée des idées, de l’Idée avec un grand I, l’idée que l’on se fait de Dieu en élevant un concept au delà des contingences humaines. Une forme aristocratique de pensée qui exclut le vulgaire, et qui impose une forme idéale de société élitiste et imbue de sa propre conception du divin. Avec Platon, nous entrons de plein pied dans une forme dogmatique de pensée, dans une forme d’éducation dirigiste, et l’on ne s’étonne pas que les chrétiens aient épargné les écrits de cet ambitieux philosophe car, à tout bien considéré, ce dernier donne une tribune à ce concept d’un bien suprême, source de lumière intellectuelle, réel suprême en l’intransgressible idée morale de l’Un parfait, père des Dieux, qui se détache du monde sensible pour accéder à un monde supra-sensible et intelligible à l’image de Yahweh. Par l’usage des tables de lois, il imprime sur le monde temporel l'empreinte d'une société idéale, et dont le modèle incontesté doit toucher au divin. On est bien loin de l’approche originelle du politique et du religieux par le paganisme authentique.

En République III 398a-b, Platon chasse Homère de la cité idéale, obsédé par les règles intransigeantes d’une vertu codifiée, vouant un culte dogmatique à l’idée de Morale. La poésie épique et les évocations d’Homère sont alors frappées d’hérésie car elles sortent du moule rigide du législateur d’une foi nouvelle. Platon déclare qu’il ne faut recevoir dans la République aucun poète et il en exclut le grand d’entre les grands, après l’avoir couronné et aspergé de parfum, pour l’empêcher d’obscurcir par ses fables la vraie conception de Dieu.

Pour ce faire, il refuse toute interprétation allégorique ou symbolique qui permet l’approche du religieux au profit de la lecture littérale. Et par l’usage de celle-ci il décrète :

-La divinité ne peut-être que bonne et ne peut dispenser le mal (concept d’une idée pure, le bien)

-Les Dieux ne peuvent ni changer de forme, ni nous tromper( Il y a là une volonté manifeste de rationalisation)

-Homère a une mauvaise influence morale( non conforme au canon, l’approche du divin doit être repensé pour être plus conforme à l’idée de Dieu)

-Les Dieux tels que les décrit Homère ne sauraient constituer des modèles pour les hommes car ils sont sujets à l’émotion et à la pitié envers leurs enfants(les lamentations de Thétis) > On voit là une hostilité nette pour ce qui est sensible, l’émotion. Les dieux sont manifestement trop humains pour Platon. Il instaure une sécheresse propre aux systèmes de pensées qui contraint les hommes à observer un modèle présanctifié qui n’est plus leur.

-Platon rejette les manifestations du rire comme indignes des Dieux. ( On reconnaît là le ton grave de Platon, qui ne conçoit le bonheur qu’au delà de ce qu’est la vie dans toute sa beauté)

-Il rejette également les mythes qu’il juge inappropriés au développement de la tempérance chez les jeunes. (Platon considère nécessaire l’aseptisation des générations nouvelles idéalisées de façon monastique et aristocratique)

Oui, Platon épure, dogmatise, décrète qu’Homère montre des choses incompatibles avec la notion même de Dieu. Pourtant se fait ressentir chez Platon l’héritage Homérique profond et inavoué. Ce sentiment religieux qu’il reprend largement à son compte et que simultanément, il trahit. Il vénère les dieux, mais les fait renaître dans le panthéon conceptuel d’une religion nouvelle. Car, Platon dispute la prééminence à Homère le philodoxe, comme un jeune concurrent ambitieux face à un homme vénéré qu’il déboulonne. Le jeune loup arme sa dialectique contemplante et descendante et brandit le dogme religieux d’une idéologie rationaliste par la dialectique, le savoir, seule connaissance véritable. Le reste n’est qu’opinion !!

Enfin, la doctrine de Platon est toute aristocratique. Elle n’est pas destinée au peuple qui ne peut se forger que ces dites opinions, ni au travailleur, représentant d’une des trois classes de la société, celle qui correspond dans la division tripartite de l’âme à l’ « épithymia », qui siège dans le ventre, et dont la nature n’est en rien comparable au « noûs », caractéristique innée des classes dirigeantes.

Mais qu’est-ce que cette contemplation des idées ?? Quelle est son but ??

En faite, pour Pythagore comme pour Platon, les âmes sont liées au corps à titre de châtiment. Le corps est une prison. Il est le tombeau de l’âme. La migration de l’âme en des corps différents est une pénitence. Or, qui dit pénitence dit péché. Nous sommes là bien proche de ce que sera bien plus tard le christianisme.

L’idée se résume en ceci : L’âme est parente des idées et en possède le savoir. Lorsque l’âme se détache des idées, elle tombe dans le monde sensible. Contempler les idées, l’Idée, c’est postuler pour l’immortalité de l’âme. Le vrai savoir, c’est le savoir de l’universel, de l’Idée. Il est dans l’esprit, pas dans les choses (dichotomie). L’universel est dans l’intellect. Le philosophe (contraire du philodoxe pour Platon) consiste en l’effort pour délivrer l’âme du corps.

Il est évident que cet élitisme intellectuel qui peut satisfaire l’orgueil savant du contemporain rationaliste en mal de spiritualité, démontre cependant que la foi n’est pas accessible à tous. Comment donc pourrait-elle être accessible aux contempteurs de l'illustre Platon, qui fait si bien la Une dans toutes les écoles honorables où s’illustrent les esprits les mieux représentés. En l'absence d'une unanimité qui participe à l'élection d'une légitimité, on aura tôt fait de vous faire comprendre que vous ne comprenez rien à Platon, étranger aux lois qui font d'un homme un être de vertu capable de rendre son âme compatible à l'excellence, à la subtilité du divin breuvage qui attise les soifs. Un petit peu à l’image de ce que vous disent les chrétiens lorsque vous évoquez l’âme  sans communier avec Jesus-Christ, sans référence aux saints écrits. Vous n’aurez jamais eu la grâce de comprendre le subtil message des paraboles et par extention, vous n'aurez jamais connu l'Amour de Dieu!!

17/10/2007

Conseil Suprême des Hellènes Gentils

J’ai découvert un site sur internet qui s’appelle « Conseil suprême des Hellènes gentils ». Je ne sais rien de cette fondation et je n’ai lu que les pages traduites en français car je ne lis pas le grec. Car, dois-je le préciser, il s’agit d’une fondation grecque. Vous le découvrirez comme moi et pourrez faire les commentaires que vous jugerez opportuns. J’ai demandé ce qu’en pensaient divers interlocuteurs sur le forum XXX. Et là, j’ai été attristé de la réaction si j’ose dire partiale de paiens Hellénistes dont la tolérance ne serait sujette à caution. Car, au nom de la tolérance, on galvaude ce principe au nom d’idéaux en croyant bien faire.  Et je n’ai rien contre ces paiens bien intentionnés pour lesquels j’ai une certaine estime. Mais le débat d’idées n’a jamais été aussi difficile en ces temps où l’homme s’estime particulièrement ouvert, ouvert dans la mesure où il vous laisse entrer dans l’espace bien délimité de ses convictions empruntées. Aussi, l’Hellénisme est autrement mesuré !! Il n’impose pas, à bible ouverte, l’usage d’ une idée selon un canon à ne pas transgresser sous couvert d’un mot noble à qui l’on donne, au sens large, un vêtement étriqué. Etriqué parce que le sectarisme, c’est aussi l’idée qui devient idéologie même si cette idée est tout le contraire du sectarisme. La tolérance, c’est également la sagesse de ne pas se lancer dans des accusations injustifiées. C’est aussi chercher à comprendre, ne pas se laisser emporter, ne pas couper court aux discutions sous prétexte que vous ne seriez pas le modèle idéal de l’Helléniste irréprochable. Mais encore et surtout, dans l’esprit, l’Hellénisme, c’est aussi l’honnêteté dans le fait de rapporter scrupuleusement l’idée dont on veut discuter pour ne pas en faire sujet à faire de la polémique, et ne pas se laisser gagner par des interprétations abusives dont je cite un extrait au sujet du site précité :

« Un hellénisme "authentique" est un parfait contre-sens quand il désigne une vérité pré-établie qui ne saurait tolérer d'autres formes de compréhensions et de pratiques spirituelles. Il n'y a pas d'hellénisme sans esprit de tolérance et respect de la diversité, et je tiens à l'affirmer avec force. On voit s'établir, là où précisément cela ne devrait paraitre, une tendance à l'intégrisme et l'exclusion absente de la tradition que l'on est sensé prendre comme modèle. Confondre dualisme et complémentarité, perçevoir la renaissance comme un remake de vécu personnel, croire qu'un karma véhicule une notion de péché, montre à l'évidence les limitations de compréhension que l'on s'est imposé et que l'on impose aux autres (les relectures simplistes de Pythagore et de Platon ne sont visiblement pas que le fait des matérialistes). Mépris de la philosophie et des apports étrangers?... moi-même néoplatonicien, je me considère honoré par cette exclusion, au vu de son origine. Saloustios (qui a écrit le superbe "Des Dieux et du monde") qui eut le tort d'être né près de Bordeaux et de descendre d'une ancienne famille gauloise, contrevenant sans doute à une certaine pureté ethnique, passe à la poubelle. Subissent le même sort l'empereur Julien et ses proches, Porphyre, Jamblique (et la théurgie), Proclus (dernier représentant de l'ancien hellénisme à Athènes) et tout les néoplatoniciens qui ont luttés pour maintenir dans les temps diffciles la vitalité des écoles de sagesse.
Les chrétiens d'Alexandrie ont assasinés la poétesse néoplatonicienne Hypatie. Il est navrant de constater qu'aujourd'hui comme hier, on traine toujours son corps dans la boue puisque les ignorants applaudissent à un second enterrement de première classe des idéaux qu'elle défendait. Que dire alors de certains pré-socratiques? (Anaximandre, Empédocle, Anaxagore et Heraclite...) et des "étrangers" Plutarque et Apulée. Bref, vider l'hellénisme de toute sa sagesse est sans doute conforme à notre société de consommation où le fast-food spirituel, à la fois self-service et tout-jettable, fait préférer à beaucoup le moindre effort et les discours formatés. Mais on ne récolte que ce que l'on sème.» etc etc

Sujet verrouillé par l’intéressé !!

La limitation de compréhension n’est alors pas le fait de la personne incriminée, et si l’on devait parler de péché, je dirais qu’il y a un péché d’orgueil dans cette démonstration. Pour la circonstance, je trouve un petit peu théâtral cette sortie qui contrevient à tout sens de la mesure. En quoi le fait de ne pas être de telle sensibilité voudrait-il dire qu’on ne tolère pas ses membres ?? Peut-être est-ce le cas de cette fondation, mais comment peut-on l’affirmer puisque je n’ai rien lu sur cette interface traduite qui le laisse entendre !! N’est-ce pas là une façon malheureuse d’allumer un incendie ?? De créer en quelque sorte une guerre de religion qui serait une première dans le monde paien, étranger à ce type de rapport  et de contexte??

Et comment peut-on qualifier tristement cette fondation alors que, je cite le rédacteur du site concerné :

"Et nous sommes pleinement solidaires de tous les groupes ou mouvements du monde entier qui oeuvrent pour le rétablissement de leurs éthos et religions traditionnelles, ainsi qu'avec ceux qui mènent la lutte multiforme pour la Liberté, la Tolérance, le respect de la Nature et la Démocratie Directe à tous les niveaux de la vie quotidienne."

Concernant Platon et Pythagore, le rédacteur du conseil suprême des Hellènes gentils dit simplement que ceux-ci ont importé les idées "morales" de civilisations orientales, mais il ne médit pas sur eux. L'association ne souscrit pas à ces écoles et elle le dit clairement!! Est-ce un délit ?? 

A cette démonstration, je joins ma réponse :

XXXXX, je ne comprends pas ta mise au point sur la diversité de l'Hellénisme. Peux-tu me dire où le discours (discours du conseil suprême des Hellènes gentils) contrevient aux principes élémentaires du respect de l’autre ? Dans ce site, je n’ai pas trouvé de mépris de la philosophie et des apports étrangers. On peut tout à fait ne pas adhérer aux écoles qui ont intégré de quelque manière que ce soit l’idée de morale, et avoir le respect qui est dû aux exegètes de celles-ci et surtout à leur parcours sans tâches. Toutes les sensibilités propre au paganisme rangées derrière leurs guides respectifs ont résisté avec pugnacité au christianisme. Qui l’a nié ?? Par aillleurs et pour ma part, je ne confonds pas dualisme et complémentarité, je ne perçois pas la renaissance comme un remake de vécu personnel mais comme l'aboutissement d'une ascèse. Je ne crois pas dans un karma qui véhiculerait une notion de péché, mais je ne m'interdis pas l'emploi du terme "karmique" sur le plan littéraire!!
Libre à toi d'associer mon approche du sacré à un fast-food spirituel, et de qualifier mon discours de discours formaté. 
Ou est donc cet esprit de tolérance au sujet duquel la leçon m'est faite ?  

Je cite enfin la réponse d’un modérateur suite à une relance de ma part :

XXXXX ne visait personne de manière personnelle, (faux!! Il y a quelques insinuations en rapport avec mon livre dont la lecture a été mal comprise ou dont le sens a été volontairement galvaudé) mais le lien que tu as proposé et les discours identitaires que l'on pouvait y lire.
C'est cela qui contrevient à XXXXXX
Il suffit d'ouvrir les yeux, de lire le texte, et de constater...
Outre cela, ce texte ne contient pas que des idioties, mais je suis bien obligé d'admettre qu'il s'agit là d'un groupe identitaire, puisqu'il définit l'hellénisme comme forcément ethnique, ce qui à mon sens est une aberration, ainsi que selon l'optique défendue par XXX, l'hellénisme ayant existé en divers endroits du monde et à diverses époques, de même que d'autres cultes.
Quant à l'intervention de XXXX, elle ne faisait que souligner certains travers de ce texte, justement, qui prétend aussi, par exemple, que l'hellénisme est une religion supérieure aux monothéismes, ou encore que les apports de Platon et Pythagore dénaturent l'hellénisme, alors que pour beaucoup ils en constituent l'un des fondements... Bref on est loin de cette tolérance dont il est si souvent question, et il me parait logique de refuser ce qui fonctionne par une logique d'exclusion...
Je rejoins XXX sur le ton polémique et personnel de ce nouveau sujet que je suis à deux doigts de verrouiller...

Ma dernière réponse :

Merci XXXXX de m'avoir répondu avec aménité. C'est trés difficile d'avoir si peu de marge de manoeuvre pour discuter. C'est pourquoi je continuerais ce développement sur mon blog car, comme tu dis, nous sommes à deux doigts d'un verrouillage que l’on pourrait considéré comme justifié car la discussion n'est pas sereine et c'est bien dommage. Je dois cependant rétablir quelques vérités. Le site dont il est question n'a jamais dit que l'Hellénisme était une religion supérieure aux monothéismes. Le rédacteur du texte a parlé de civilisation supérieure. Cela n'est pas pareil, et je crois savoir que nombres d'écrivains à leur manière ont considéré la grèce antique comme une civilisation supérieure sans que cela ait pu être considéré comme l'expression d'une exclusion. Ceci dit, à la base, l'Hellénisme est aussi une religion propre aux Hellènes, une religion du sol où les références ne sortent pas du contexte grec mais qui n'interdit pas que tout un chacun s'y retrouve. Une spiritualité qui s'ouvre au monde sans être ni messianique, ni universelle.

Enfin, il faut comprendre que les grecs ont subi une longue occupation qui peut les conduire à une recherche identitaire, bien distinct du discours identitaire. On ne peut comparer leur vécu au nôtre. Ils vivent effectivement sur une terre qu'ils ne reconnaissent plus!! Ils n’ont pas le droit de pratiquer la religion de leurs ancêtres, et ne peuvent, semble t’il se considérer comme les légitimes héritiers d’un bien dont le monde s’est approprié l’essence au même titre que les musées se sont appropriés les frontons brisés de leurs temples.

Ne peut-on pas comprendre le drame humain et spirituel de ces quelques résistants de l’apocalypse???

   http://www.ysee.gr/html/fre/index.html

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14:20 Publié dans Fondation | Lien permanent | Commentaires (1)

12/10/2007

La mauvaise conscience de l'Europe éveillée

La mauvaise conscience de l'Europe éveillée,
Au XIX eme siècle, l'idée se forme d'une dette envers la Grèce : l'Occident, qui lui doit sa culture, est redevable aux Grecs d'une aide dans la lutte pour l'émancipation face aux Turcs. L'idée, exprimée par Louis Ier de Bavière, est que « l'Europe a une dette énorme envers la Grèce... C'est à elle que nous devons les Arts et les Sciences ».(et, dois-je rajouter, les racines spirituelles et religieuses, ceci sans exclure les racines druidiques et nordiques !!)
La révolte grecque va susciter en Europe un mouvement puissant de solidarité et de compassion. Les images de souffrances, les massacres de Chio, la mort de Byron, la destruction de Missolonghi émeuvent les opinions et conduisent à une intervention internationale qui va sauver les insurgés. Les notions de liberté et d'émancipation - programme d'action pour les révolutionnaires romantiques de tous les pays - s'expriment dans le Philhellénisme. Un grand nombre d'Européens se portent volontaires pour lutter aux côtés des Grecs. [ Fin de ces quelques citations tirées du livre de Pierre Burlaud - Danube-Rhapsodie - Images, mythes et représentations - Essai ]

L'antique souvenir de ce peuple libre n’a donc pas cessé d'émouvoir le cœur des européens !!

Mais qu’en est-il aujourd’hui ???
Aujourd’hui, la mauvaise conscience de l’Europe réveillée s’exprime de façon moins romantique !! Les pays de l’Est européen opprimés car livrés par nous à l’allié d’hier bénéficient opportunément de notre aide sous la forme d’un esclavage moderne destiné à un prolétariat sorti de l’enfer pour souffrir le purgatoire . Pourtant, je me souviens qu'il y a peu, on ne voulait pas d'eux!! Et dans le même temps, on nous parle d’une intégration de la turquie à l’Europe. La France des lumières, ne serait-elle pas, à la lumière de ses opportunismes, qu’un pâle reflet du modèle dont elle ne cesse de vanter l’esprit en le galvaudant pour mieux le trahir ???
La grèce, symbole d’un peuple libre, à peine sortie des griffes de la Turquie conquérante, se voit donc à nouveau menacée, grâce aux projets d’ouverture d’une Europe impérialiste au nom d’une économie de marché !!

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Louis Ier de Bavière

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Walhalla, Munich

11:40 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0)